“Depuis mon arrivée sur ce continent auquel rien ne m’avait préparé, ce n’était pas la première fois que j’étais gagné par cette sensation de creux à l’estomac, de tête qui bascule, de gouffres inconnus. A peine m’habituais-je à une couleur, un accent, un paysage, que d’autres couleurs et d’autres musiques et d’autres décors bousculaient mes connaissances. Entre les moments de beauté et de bonheur que je croyais avoir découverts, il y avait donc aussi ces abîmes et ce vide, cette nausée, cette peur dans le ventre, ce sens de n’appartenir à rien, d’être coupé de ses racines dans une Amérique illimitée et dévorante.”

Since my arrival on this continent that nothing could prepare me for, this was not the first time I’d felt this pit in my stomach, the spinning head, the unknown depths before me. Barely had I gotten used to a colour, an accent or a landscape before other colours and types of music and scenery became what I know. Between the moments of beauty and happiness that I have been able to discover, there have also been these gulfs of emptiness, this nausea, this fear, this sense of belonging to nothing, to be a foreigner in the vast and consuming land of America.

– Philippe Labro, “L’étudiant étranger”, page 134.